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Apprécié pour son combat contre les Forces armées révolutionnaires de Colombie, Uribe se montre évasif lorsqu'il s'agit d'évoquer une éventuelle réélection, d'autant que cette idée génère des inquiétudes, jusqu'aux Etats-Unis, dont il est le plus proche allié en Amérique du Sud.
La semaine dernière, le chef d'Etat colombien a souhaité que l'élection présidentielle de 2006 soit de nouveau organisée, la Cour suprême ayant jugé que le scrutin avait été entaché de corruption.
Un temps sur la défensive, en raison de ces accusations de corruption et de l'enquête sur les liens entre une soixantaine de parlementaires et des escadrons de la mort paramilitaires, Uribe semble désormais au faîte de sa popularité.
Fort d'un bilan économique flatteur et de progrès en matière de sécurité, il est crédité selon un sondage récent de 80% d'opinions favorables.
La semaine dernière, celui-ci a suggéré que la population décide par référendum d'une éventuelle nouvelle tenue de l'élection de 2006, une façon de passer outre les institutions, selon ses opposants.
Ses partisans ont commencé à collecter des signatures pour faire modifier la Constitution afin de lui permettre de briguer un troisième mandat en 2010, l'organisation d'un référendum sur cette question étant soumise à l'approbation du Congrès et de la Cour constitutionnelle.
Sa réélection en 2006 avait déjà été rendue possible par une modification du texte, qui interdisait de briguer deux mandats présidentiels consécutifs.
"Même les Colombiens qui soutiennent Uribe s'interrogent sur l'idée d'un troisième mandat, et le danger existe que l'orgueil présidentiel fasse peu de cas des institutions judiciaires et politiques", souligne Cynthia Arnson, du centre d'études Woodrow Wilson.
LA MÊME POLITIQUE AVEC UN AUTREA Wall Street, ou la politique économique d'Uribe est saluée, cette possibilité de le voir rester au pouvoir quatre ans de plus soulève des interrogations.
Plusieurs alliés du président colombien sont présentés comme de possibles candidats, mais aucun ne parvient à émerger.
"Ce serait bien que quelqu'un d'autre qu'Uribe poursuive la même politique, car cela enverrait un signe formidable de maturité démocratique", juge Alberto Ramos, de Goldman Sachs.
"S'il n'y a personne pour mener cette même politique avec succès, un éventuel troisième mandat serait le second meilleur choix pour éviter un retournement", ajoute-t-il.
Avocat porté à la présidence en 2002, Uribe, 56 ans, a jusqu'alors affirmé qu'il ne se présenterait une troisième fois qu'en cas de "catastrophe".
Il entend dans l'immédiat poursuivre sa politique de "sécurité démocratique" qui l'a conduit à lutter efficacement contre la guérilla marxiste et à redresser l'économie.
"Le président peut choisir entre deux voies: rester au pouvoir, parce que personne ne va l'en empêcher, ou achever son second mandat et entrer dans l'histoire comme celui qui a mis les Farc à genoux", observe le parlementaire d'opposition Gustavo Petro.
Son succès contre les Farc, plus vieille guérilla d'Amérique latine, pourrait le pousser à s'accrocher à la présidence, d'autant qu'il n'est même pas contesté par ceux qui critiquent son bilan en matière de droits de l'homme.
Organisation autrefois forte de 17.000 hommes, capables de conquérir des villes, commettre des attentats dans des quartiers huppés et d'enlever n'importe qui, n'importe ou en Colombie, les Farc sont de plus en plus affaiblies, et ne compteraient plus que 9.000 membres.
Au cours des derniers mois, la guérilla a perdu son chef historique, Manuel Marulanda, son numéro deux, Raul Reyes, et le plus jeune membre de son secrétariat général, Ivan Rios, tous trois décédés en mars.
La libération, mercredi, de 15 otages, dont l'ex-candidate à la présidence colombienne Ingrid Betancourt, est considéré comme le coup le plus dur porté aux Farc.
Même avant celle-ci, les plus fervents partisans d'Uribe ne doutaient pas de la continuité à la tête de l'Etat.
"Il est le seul à porter la culotte", affirmait il y a une semaine Isadora Julio, lors d'une réunion publique. "Maintenant, nous pouvons aller partout sans crainte."
Version française Grégory Blachier
http://www.lexpress.fr/actualite/depeches/infojour/reuters.asp?id=74331
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