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© Reuters
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samedi 17 mai 2008, mis à jour à 17:16
Réunis sous l'égide de la Ligue arabe, représentants du gouvernement antisyrien et de l'opposition conduite par le Hezbollah se sont séparés après 90 minutes seulement de discussion dans un hôtel de Doha.
Mais ils ont accepté de former une commission de quatre membres chargée de jeter les bases d'une nouvelle loi électorale, avant de se pencher sur l'un des points les plus sensibles de la crise: un nouveau cadre pour le gouvernement réintégrant l'opposition.
Les discussions, présidées par le Premier ministre du Qatar, le cheikh Hamad ben Jassem al Thani, devaient reprendre dans l'après-midi. L'objectif est de trouver un terrain d'entente entre la coalition antisyrienne qui soutient le gouvernement Siniora et l'opposition, emmenée par le Hezbollah chiite avec le soutien de l'Iran et de la Syrie.
"L'impression, dieu merci, de cette session montre que toute les factions ont le désir de parvenir à un accord (...) qui nous rapprochera d'un début de solution à cette crise", a dit le Premier ministre, Fouad Siniora, au micro de la radio Voix du Liban.
"Nous devons avoir espoir et confiance dans notre capacité à faire l'impossible jusqu'à ce que nous trouvions des solutions à cette étape difficile à laquelle le Liban se confronte depuis deux semaines", a-t-il ajouté.
"DU 50/50"
Les représentants du Mouvement du 14-Mars, la coalition antisyrienne majoritaire au parlement, ont aussi soulevé la question épineuse des armes du Hezbollah. L'organisation chiite, qui luttait alors contre la présence israélienne au Sud-Liban, est la seule milice à avoir été autorisée à conserver son arsenal au terme de la guerre civile de 1975-90.
Les deux parties se sont vivement opposées sur ce sujet avant que cheikh Hamad intervienne pour clore le débat, préconisant que la question soit reposée quand un accord sera conclu sur les conditions d'un nouveau partage du pouvoir.
L'impasse politique actuelle a débuté en novembre 2006 par la démission des six ministres représentant l'opposition face au refus de la coalition majoritaire au parlement de lui octroyer un droit de veto sur les décisions du gouvernement.
La crise dans laquelle le Liban a alors été plongé, et qui empêche l'élection du successeur de l'ex-président Emile Lahoud, dont le mandat a expiré en novembre dernier, a manqué basculer dans la guerre civile la semaine dernière.
Les médiateurs arabes ont obtenu jeudi, à la suite d'une concession du gouvernement, un accord sur l'arrêt des affrontements les plus graves qu'ait connus le Liban depuis la guerre civile.
"Les chances de succès et d'échec sont à 50/50. C'est une crise très compliquée et les obstacles sont si importants qu'il faudra un effort énorme pour les aplanir", a dit un responsable politique libanais.
Dans la nuit de vendredi à samedi, le cheikh Hamad a fait la navette entre les délégations libanaises pour forger un accord sur l'ordre du jour des discussions et tenter d'assouplir leurs positions.
Aucun calendrier n'encadre les pourparlers de Doha mais, indique-t-on de source diplomatique, il est probable que si aucun accord n'est trouvé dans un délai de deux à trois jours, il sera alors difficile de débloquer la situation.
"La question n'est pas simple", a dit le ministre libanais Ahmad Fatfat. "Chacun travaillera nuit et jour pour parvenir à une solution."
Le conflit politique a sombré dans la violence la semaine dernière à la suite de deux décisions du gouvernement Siniora: la mise hors la loi du système de télécommunications parallèle du Hezbollah et le limogeage du directeur de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, proche du mouvement islamiste.
Le mouvement chiite, que soutiennent l'Iran et la Syrie, a mis en déroute les partisans armés sunnites et druzes du gouvernement lors de combats qui ont fait au moins 81 morts.
Le gouvernement Siniora a abrogé depuis les mesures à l'origine de la colère du Hezbollah.
Version française Henri-Pierre André, Jean-Stéphane Brosse
http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=71124&1706
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