ar Douglas Hamilton et Matt Robinson
VIENNE (Reuters) - L'Union européenne, les Etats-Unis et la Russie ont recommandé aux Serbes et aux Albanais du Kosovo d'éviter tout retour à la violence après l'échec d'une ultime séance de discussions organisée en Autriche sur l'avenir de la province séparatiste serbe.
"Malheureusement, les parties n'aient pas été capables de parvenir à un accord sur le statut", a dit le médiateur européen Wolfgang Ischinger lors d'une conférence de presse à Vienne après trois jours d'entretiens sous médiation internationale dans la station thermale de Baden.
L'émissaire américain Frank Wisner a souligné que la paix dans la région était "en jeu".
Ischinger, Wisnet et le Russe Alexandre Botsane-Khartchenko ont publié un communiqué conjoint exhortant les deux parties à tenir leurs engagements pour préserver la paix.
"On ne prévoit pas de violence dans l'immédiat mais nous entrons dans une période très difficile", a déclaré Wisner en notant que des "tensions évidentes existent".
Les médiateurs de la troïka russo-américano-européenne se rendront une dernière fois lundi en Serbie et au Kosovo, avant de remettre leur rapport au Conseil de sécurité des Nations unies d'ici au 10 décembre.
"PLAN D'ACTION" SERBE
Au-delà de cette date, leur concordance de vues ne sera probablement qu'un souvenir. La Russie soutient la Serbie dans son opposition à l'indépendance du Kosovo et réclame un nouveau délai de négociation. Les pays occidentaux, eux, estiment que la recherche d'un compromis est dépassé et que l'indépendance sous supervision de l'UE est la seule solution viable.
"La Russie était et reste engagée en faveur d'une solution négociée, une solution de compromis", a dit Botsane-Khartchenko.
Les discussions de Baden constituaient la dernière série de pourparlers sur le Kosovo dans le cadre d'une nouvelle médiation confiée à la "troïka" par l'Onu en août.
Auparavant, les Russes avaient bloqué au Conseil de sécurité un projet d'octroi de l'indépendance au Kosovo.
Les Albanais du Kosovo se disent prêts à la proclamer unilatéralement si le Conseil de sécurité ne tranche pas en sa faveur. Belgrade insiste sur une autonomie accrue.
Hashim Thaci, ancien commandant de la rébellion kosovare et futur Premier ministre de la province, a déploré qu'aucun accord n'ait pu émerger. Mais il a ajouté que le plan d'autonomie présenté par Belgrade "appartenait à un passé qui a conduit à des meurtres et à des expulsions".
Le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica a quant à lui affirmé qu'une proclamation unilatérale constituerait un "crime" contre le droit international. Belgrade redoute un "effet domino" dans une région encore fragilisée par les guerres d'indépendance des années 1990.
Le gouvernement de Kostunica élabore un "plan d'action" qui, selon des diplomates, pourrait comporter des mesures d'obstruction et des embargos. La Serbie a évoqué la possibilité d'une sécession des Serbes kosovars.
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