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Mercredi 18 juin 2008

ABÉCHÉ (EST DU TCHAD) ENVOYÉ SPÉCIAL

Entre le Tchad et le Soudan, la symétrie de l'agressivité ne se dément pas. Mardi 17 juin, au sixième jour d'une percée rebelle dans l'est du Tchad lancée depuis des bases arrière au Soudan, N'Djamena a accusé l'armée soudanaise d'avoir attaqué la ville frontière d'Adé. "Des colonnes de mercenaires envoyés en territoire tchadien ayant échoué à s'implanter dans des points stratégiques, l'armée soudanaise est entrée elle-même en action, ce matin, en attaquant la garnison de l'armée à Adé avec des troupes au sol appuyées par des hélicoptères", annonce un communiqué du gouvernement.


 

La zone est éloignée, les communications difficiles, et les confirmations indépendantes font défaut. Mais ce ne serait pas la première fois - dans cette guerre par procuration qu'ils se mènent depuis 2005 en armant leurs rebelles respectifs - que les deux pays lancent, ponctuellement, leurs propres troupes chez leur voisin. Jamais, jusqu'ici, le Tchad et le Soudan n'ont cependant poussé leurs propres hommes en profondeur chez l'autre, évitant l'embrasement d'une guerre directe. Ils préfèrent s'appuyer sur des rebelles qui promettent d'installer un régime ami dans la capitale ennemie.

Cet affrontement en miroir s'est développé conjointement au conflit du Darfour. Certains rebelles de l'ouest soudanais, appartenant au même groupe que les dirigeants tchadiens, utilisaient dès 2003 le Tchad comme base arrière. En réponse, le Soudan accueille, finance et arme des rebelles tchadiens pour porter la guerre de l'autre côté de la frontière. En trois ans de confrontation, le Tchad et le Soudan ont signé une série d'accords de paix, devenus caducs sitôt annoncés, et continuent d'investir des centaines de millions d'euros ponctionnés sur leurs revenus pétroliers dans les opérations militaires.

L'engagement des deux voisins a pris une tournure plus radicale au cours des douze derniers mois. En février, une attaque de rebelles tchadiens avait été à deux doigts de l'emporter. Leur offensive était venue mourir devant les portes de la présidence, à N'Djamena, grâce à l'appui de la France et aux divisions des chefs rebelles. En mai, les hommes du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) - des rebelles soudanais de la région du Darfour alliés de N'Djamena - lançaient l'opération inverse en parvenant à atteindre la capitale, Khartoum, depuis leurs bases arrière du Tchad.

La réplique à cette nouvelle agression, attendue depuis des semaines, a été lancée jeudi. Pendant plusieurs semaines, les rebelles ont tergiversé, en raison d'importantes divisions. Certains refusent de s'associer à une coalition jugée trop inféodée à Khartoum. D'autres, après avoir entretenu des rapports conflictuels avec leurs parrains soudanais comme avec leurs compagnons tchadiens de rébellion, se sont éloignés de l'alliance. C'est le cas du groupe des frères Erdimi. Dans l'Alliance nationale, coalition dirigée par le général Mahamat Nouri, régnait dernièrement un climat confinant à la "mutinerie", selon un proche du mouvement.

Aussi l'offensive en cours a-t-elle débuté de manière cahoteuse, et se poursuit avec difficulté. Les colonnes rebelles, circulant en brousse en se dissimulant de leur mieux, sont parties du sud de la zone frontalière avant de se séparer. L'une d'entre elles, dirigée par les hommes d'Adouma Hassaballah, alliés avec des membres de l'Alliance nationale, a accroché les forces loyalistes, essuyé des tirs des hommes de l'Eufor, la force européenne déployée dans la région, avant d'entrer dans Goz-Beïda où les éléments rebelles se sont livrés à des braquages violents d'ONG avant de repartir en direction de la frontière.

Conjointement, un autre groupe relevant de l'Alliance nationale filait à travers la brousse pour tenter de lancer un assaut sur Abéché, la grande ville de l'est. Dans un large mouvement tournant, les rebelles ont cherché le meilleur angle pour attaquer la ville, tandis que leurs alliés, qui devaient venir les appuyer de l'autre côté d'Abéché, demeuraient introuvables. Mardi soir, les perspectives d'une offensive sur la ville s'évanouissaient, et les rebelles semblaient s'efforcer de regagner leurs bases arrière au Soudan, au risque de se trouver attaquées à leur tour par une combinaison de forces loyalistes et de rebelles soudanais alliés de N'Djamena.

Jean-Philippe Rémy

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2008/06/18/khartoum-et-n-djamena-se-livrent-une-guerre-par-procuration_1059680_3212.html
par beber
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Mercredi 18 juin 2008
Une semaine après le désaveu par la Cour suprême de l'administration Bush sur la légalité des détentions à Guantanamo, les deux candidats à la présidentielle américaine ouvrent les hostilités sur le terrorisme. John McCain a ainsi accusé Barack Obama d'être faible face à la menace terroriste, réagissant à une interview accordée par le candidat démocrate lundi 16 juin à ABC News.

Dans cette interview, Barack Obama compare les conditions de détention des prisonniers de Guantanamo avec les poursuites judiciaires des terroristes qui avaient posé des bombes en bas du World Trade Center en 1993. "Prenons l'exemple de Guantanamo. Nous savons que dans de précédentes attaques terroristes, par exemple après la première attaque contre le World Trade Center, nous avons été capables d'arrêter les responsables et de les juger. Ils sont maintenant hors de danger de nuire, dans des prisons américaines. Et le fait que cette administration n'a pas essayé de faire ça a créé une situation où, non seulement nous n'avons jamais jugé ces hommes, mais en plus nous avons détruit notre crédibilité d'Etat de droit dans le monde."

Le lendemain de l'interview, les républicains ont accusé Barack Obama d'être trop faible, rappelant la rhétorique de George W. Bush contre John Kerry en 2004. "Nous voyons que le sénateur Obama est l'exemple parfait d'une mentalité du 10 septembre", a dit Randy Schuenemann, conseiller de M. McCain, se référant ainsi à l'atmosphère la veille des attentats du 11 septembre 2001.

LA GUERRE EN IRAK, UNE "DIVERSION"

M. Obama a riposté depuis son avion de campagne. "Ce sont ces gars qui ont aidé à mettre en place la diversion de la guerre en Irak à un moment où on aurait pu coincer les gens qui sont réellement responsables du 11-Septembre. Ils essayent de faire ce qu'ils font à chaque élection, c'est-à-dire faire du terrorisme un épouvantail pour effrayer les gens."

Au cœur de la bataille, deux conceptions opposées de la lutte antiterroriste : pour M. Obama, le terrorisme fait partie des tâches du maintien de l'ordre. Les possibles terroristes devraient donc être jugés par les cours de justice civiles ou militaires traditionnelles, et être mis en prison comme les autres criminels.

Pour l'équipe de M. McCain, cette position prouve le manque d'expérience de M. Obama. L'ancien maire républicain de New York Rudolph Giuliani a ainsi déclaré dans un communiqué que cette position "démontre son manque fondamental de jugement en ce qui concerne notre sécurité nationale". En réponse, l'ancien candidat démocrate à la présidentielle John Kerry a déclaré que M. McCain était "le candidat de l'état d'esprit de la guerre en Irak, un état d'esprit qui comprend mal et sous estime dangereusement les menaces du XXIe siècle".

Chez les démocrates, on précise que Barack Obama propose une approche qui mêle maintien de l'ordre et mesures militaires, y compris une possible incursion au Pakistan si Islamabad refusait de coopérer avec les Etats-Unis dans une situation où des membres d'Al-Qaida auraient été repérés à la frontière pakistanaise.

Les deux partis cherchent à éclairer le sujet sous l'angle qui met leur candidat le plus en valeur tout en décrédibilisant l'autre. C'est le concept du "framing" (encadrement rhétorique d'un thème, argument, idée) mis en pratique : la guerre des mots est lancée.

Cécile Dehesdin

http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/06/18/mccain-et-obama-etalent-leurs-desaccords-dans-la-lutte-contre-le-terrorisme_1059960_829254.html

par beber
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Mercredi 18 juin 2008
Reuters

L'armée afghane est passée à l'offensive contre les taliban dans la région méridionale de Kandahar, ancien bastion du mouvement intégriste.

Appuyés par des hélicoptères de combat et les forces de l'Otan, des soldats se sont mis en mouvement dans la vallée d'Arghandab, un district qui s'étend au nord de la ville de Kandahar d'ou plusieurs centaines de taliban se sont échappés la semaine dernière.

A Kaboul, le ministère de la Défense a annoncé que 20 insurgés avaient été tués dans un bombardement opéré par la Force internationale d'assistance à la sécurité, sous commandement de l'Otan. Deux militaires afghans ont également péri dans l'opération. Trois commandants taliban ont péri un peu plus au sud, ajoute le ministère.

Quelque 600 insurgés taliban se sont emparés lundi de plusieurs villages du secteur d'Arghandab, à une vingtaine de kilomètres au nord de Kandahar, quelques jours à peine après l'évasion spectaculaire de centaines des leurs qui étaient détenus dans la principale prison de la capitale provinciale.

Selon Qari Mohammad Yousuf, porte-parole des taliban, les insurgés tiendraient Kandahar dans leur ligne de mire.

L'état-major des forces de l'Otan, qui juge ce nombre de 600 taliban "grandement exagéré", a dit s'attendre à ce que l'offensive s'étale sur les trois prochains jours.

VILLAGES AUX ABORDS MINÉS

L'offensive lancée mercredi par l'armée afghane et les forces de l'Otan, après plusieurs jours de préparatifs, a pour objectif de repousser les taliban hors du district, que des milliers de familles ont fui depuis lundi.

A l'entrée de la vallée d'Arghandab, les véhicules de transport de troupes des forces afghanes et de la coalition circulaient à vive allure mercredi sur une étroite piste poussiéreuse.

Les journalistes, tenus à distance par les soldats afghans, ont vu plusieurs hélicoptères d'attaque de l'Otan entrer en action et entendu les échos de tirs d'artillerie et des rafales d'armes légères.

Dans un communiqué, les taliban affirment avoir repoussé l'offensive et fait exploser un blindé.

D'après le ministre afghan de la Défense, les insurgés se sont emparés d'au moins huit villages de la vallée, dont ils auraient miné les abords.

La capture de ces villages est une démonstration de force des taliban qui, près de sept ans après leur renversement, défient les autorités de Kaboul et leurs alliés occidentaux avec une vigueur renouvelée ces deux dernières années à la faveur d'un changement de tactique.

Après avoir subi de lourdes pertes dans les combats conventionnels des premières années, les taliban ont opté pour une guerre de guérilla, évoluant par petits groupes mobiles.

Mercredi, dans la province de Khost (sud-est), quatre policiers ont perdu la vie quand leur véhicule a sauté sur une bombe télécommandée, a-t-on appris de source autorisée. Dans la province occidentale de Farah, un kamikaze a été repéré alors qu'il allait attaquer un convoi de l'Otan: il a tout de même réussi à tuer deux civils afghans et à en blesser deux autres.

La veille, quatre soldats britanniques de l'ISAF avaient été tués par l'explosion d'une bombe dans la province d'Helmand, qui jouxte celle de Kandahar.

Les quatre soldats participaient à une opération à l'est de Lashkar Gah, a indiqué le ministère britannique de la Défense. Une femme, officier des renseignements militaires, figurerait au nombre des victimes. C'est la première militaire britannique tuée sur le théâtre opérationnel afghan, ou la Grande-Bretagne a perdu 106 militaires depuis 2001.

Mardi encore, un hélicoptère des forces américaines a dû procéder à un atterrissage d'urgence dans la province orientale du Nuristan. Des soldats ont été blessés, précise l'état-major des forces américaines.

Version française Henri-Pierre André


 

http://www.lexpress.fr/actualite/depeches/infojour/reuters.asp?id=73338

par beber
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Mercredi 18 juin 2008
Le président de Lille (L1) Michel Seydoux a jugé mercredi que la demande en mariage faite à la télévision par le sélectionneur des Bleus Raymond Domenech à sa compagne Estelle Denis, après l'élimination de la France à l'Euro-2008, était "d'un autre monde" et qu'on n'était "pas dans la téléréalité". "Quelqu'un qui se permet à la suite d'un match aussi important, devant la France entière, de s'occuper du détail, important pour lui peut-être, de demander en mariage sa compagne, me paraît totalement dans un autre monde. On n'est pas dans la téléréalité, on est aujourd'hui dans un milieu professionnel", a expliqué M. Seydoux. Le président du Losc, qui a dit avoir "ressenti" cela "à l'issue d'une piètre prestation de l'équipe de France sur un piètre Euro", s'exprimait lors d'une conférence de presse de présentation du nouvel entraîneur de Lille, Rudi Garcia. Il a évoqué de lui-même la déclaration de Domenech, juste après avoir refusé de répondre à une question sur la façon dont il avait ressenti le départ à Lyon de Claude Puel, l'entraîneur de Lille. Interrogé mardi soir en direct sur M6 - où sa compagne est présentatrice - sur une éventuelle démission, Raymond Domenech a éludé la question en répondant: "Je n'ai qu'un seul projet, c'est d'épouser Estelle, c'est aujourd'hui que je lui demande. Je sais que c'est difficile, mais c'est dans ces moments-là qu'on a besoin de tout le monde et moi j'ai besoin d'elle".

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-35889084@7-91,0.html
par beber
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Mercredi 18 juin 2008
Christine Albanel, la ministre de la Culture, a présenté mercredi à la presse son projet de loi "Création et Internet", qui fustige le téléchargement illégal. Jérémie Zimmermann, co-fondateur de La Quadrature du Net et opposant farouche du projet de loi, commente ce texte pour LEXPRESS.fr.


Que pensez-vous du texte final du projet de loi "Création et Internet"?

Ce projet de loi est un attirail stupide qui ne rapportera pas un centime de plus aux ayants droit, et qui risque même de les léser. Selon une étude canadienne, les internautes qui téléchargent illégalement le plus sont aussi ceux qui payent le plus pour accéder aux produits culturels.

Les gros labels ne veulent pas comprendre ce dont les petits labels sont en train de se rendre compte: il est préférable pour eux que le public écoute ou regarde leurs oeuvres, par n'importe quel moyen, du moment qu'il les voit. Ca permet aux artistes de se faire connaître, de sortir de la jungle d'offres qui arrivent chaque jour. Et une personne qui connaît et apprécie tel titre achètera le CD, ira au concert... La culture, plus on en a, plus on en veut.

Pensez-vous que le dispositif de riposte graduée soit efficace pour lutter contre le téléchargement illégal?

Ce système ne va pas fonctionner pour la bonne et simple raison que les gens vont très vite se former aux techniques d'anonymisation sur le Web. Et ceux qui se feront "attrapper" par l'Hadopi ne seront pas les plus gros pirates. Eux auront déjà une riposte technique qui leur permettra de passer entre les mailles du filet, d'éviter de se faire repérer par les filtres des ayants droit.

Justement, Christine Albanel a dit et redit ce mercredi qu'il n'y aurait pas de filtrage généralisé des réseaux...

Je veux bien croire que ce n'est pas inscrit dans le projet de loi. Mais, la semaine dernière, lorsque le texte de la future charte "confiance en ligne" est sorti, la question du filtrage a de nouveau été soulevée. Cette charte vise à sortir de la Toile les contenus pédopornographiques, mais immédiatement, les représentants de l'industrie du disque se sont manifesté. Qui nous dit que si le filtrage de masse est autorisé pour les contenus pédopornographiques, il ne le sera pas pour les téléchargements illégaux?


 

http://www.lexpress.fr/actualite/high-tech/le-projet-de-loi-creation-et-internet-un-attirail-stupide_513327.html


par beber
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