Confondu par son ADN retrouvé sur le corps du jeune Valentin, Stéphane Moitoiret a été mis en examen mardi pour "assassinat avec actes de barbarie" après les aveux de sa compagne, a annoncé le
procureur de Bourg-en-Bresse (Ain), Jean-Paul Gandolière.
Les obsèques du petit garçon tué le 28 juillet d'une quarantaine de coups de couteau à Lagnieu, dans l'Ain, se sont déroulées mardi dans l'Isère en présence de centaines de personnes, venues
avec des fleurs blanches.
Le couple de marginaux, qui se présentait comme des pèlerins australiens, avait été interpellé dimanche en Ardèche six jours après la découverte du corps de l'enfant de onze ans.
Stéphane Moitoiret, 39 ans, est poursuivi pour "meurtre avec préméditation, assassinat sur mineur de moins de 15 ans avec actes de barbarie". Il nie toujours les faits mais sa compagne a parlé,
a déclaré le procureur lors d'une conférence de presse au palais de justice de Bourg-en-Bresse.
Pendant sa garde à vue, Noëlla Hego, 49 ans, "a dit savoir qu'il allait commettre un acte irréparable", a expliqué le magistrat, dénonçant un "acte d'une gravité extrême". "Quarante coups de
couteau portés à un enfant plus dix coups de défense, c'est-à-dire 54 coups de couteau, c'est une véritable immolation d'un enfant", a-t-il estimé.
Poursuivie pour "non-empêchement de la commission d'un crime, non-dénonciation d'un crime, soustraction et dissimulation de preuves", elle risque cinq ans de prison.
Le procureur a demandé le placement immédiat en détention provisoire du couple.
Stéphane Moitoiret, qui encourt la "réclusion criminelle à perpétuité incompressible", devait être placé dans le service psychiatrique d'une maison d'arrêt. Ils refusent tous deux pour
l'instant l'assistance d'un avocat.
"VALENTIN S'EST DÉFENDU"
Dans la bagarre, Stéphane Moitoiret s'est blessé à la main gauche, laissant dans sa fuite des traces de sang utilisées par les enquêteurs.
"Si on a pu identifier l'auteur, c'est parce que Valentin s'est défendu, qu'il ne s'est pas laissé faire", a souligné le magistrat.
Les vêtements du suspect - des sandales, un pantacourt, un t-shirt noir et une veste de survêtement tachés de sang - ont été retrouvés dans un sac à l'endroit indiqué mardi par Noëlla Hego mais
pas l'arme du crime, un couteau que le SDF portait sur lui depuis un certain temps.
Interrogé sur une éventuelle irresponsabilité du suspect, le procureur a déclaré: "Il devait avoir un certain degré de conscience avec le soin méticuleux qu'il a mis à se débarrasser de ses
affaires."
Selon le magistrat , Stéphane Moitoiret a reconnu devant sa compagne être l'auteur de ce crime mais devant les enquêteurs, il a redit "être étranger à crime, évoquant la présence de quelqu'un
d'autre, d'un clone, d'un sosie qui aurait commis le crime".
Noëlla Hego a expliqué que son compagnon était devenu "irritable, incontrôlable, plus violent verbalement" depuis un mois. Elle a raconté que le soir des faits, le 28 juillet, il avait "décidé
de faire un retour en arrière c'est-à-dire de faire un incident c'est-à-dire, toujours selon ses propos d'aller tuer quelqu'un, en quelque sorte, d'aller prendre une vie", a dit Jean-Paul
Gandolière.
Il est ensuite rentré au local paroissial de Saint-Sorlin, où logeait le couple, "couvert de sang en disant qu'il avait tué un petit garçon qui descendait la rue et qu'il s'était enfui parce
qu'il avait été aperçu par deux femmes", a-t-il ajouté.
Les enquêteurs tentent désormais de découvrir s'il existe des liens entre l'affaire Valentin et d'autres crimes non élucidés. "Nous vérifions actuellement toutes les affaires restant en suspens
au niveau national et international", a déclaré le général Jacques Grandchamps, responsable de la région de gendarmerie Rhône-Alpes.
Aux enquêteurs qui lui ont posé la question sur de potentiels faits criminels antérieurs, Stéphane Moitoiret a apporté "des réponses laconiques", selon le gendarme.
Édité par Pascal Liétout
http://www.lepoint.fr/actualites/obseques-du-jeune-valentin-le-suspect-n1-mis-en-examen/1037/0/265293
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